• L’Historique du Bôgu

    Le bôgu en kenjutsu.
    A propos des différents types d’armure utilisés en kenjutsu, Shimokawa déclare dans Kendo no Hattatsu que Yamada Heizaemon Mitsunori (1639‐1716) de l’école Jikishinkageryû se lamentait du manque d’esprit combatif de nombreux pratiquants qui ne se concentraient que seulement sur l’étude des kata. Il commença alors à concevoir un système d’entraînement qui permettrait aux pratiquants de frapper avec un maximum de force sans aucun danger de causer des blessures ni de ressentir la douleur. Son 3e fils, Naganuma Shirozaemon Kunisato (1688‐1767), acheva cette tâche entre 1711 et 1716.

    J’utiliserai la théorie de Shimokawa comme base pour examiner l’évolution du bôgu de kenjutsu. L’école Jikishikage‐ryû débuta avec Sugimoto Bizen‐no‐Kami Masamoto de l’école Shinkage‐ryû. Le 5e successeur de la tradition, Kamiya Denshinsai Sadamitsu changea le nom de l’école en Jikishin‐ryû. Elle devint ensuite Jikishin Seitoha sous le 6e gardien de la tradition, Takahashi Danjozaemon Shigeharu, et enfin Jikishinkage‐ryû sous le 7e maître, Yamada Heizaemon Mitsunori.

    Selon le Heihô denki chukai, un manuscrit de Jikishinkage‐ryû, Yamada Heizaemon fut gravement blessé au jeune âge de 18 ans dans un combat au bokutô. Il stoppa son entraînement au kenjutsu jusqu’à l’âge de 32 ans où il entra en contact avec l’école de Takahashi Danjozaemon, au sein de laquelle « un masque gardant le visage et des gants de protection avaient été créés, rendant ainsi possible l’entraînement au combat sans risque de blessure ». Il devint immédiatement un élève de cette école, et il est inscrit qu’à l’âge de 46 ans, il reçut une licence d’enseignant (menkyo). C’était en 1684, mais il est évident qu’à l’époque, l’école de Takahashi Danjozaemon utilisait déjà le bôgu depuis un certain nombre d’années. Toutefois, ce bôgu ne consistait que seulement en un masque et des gants, mais rien n’était utilisé qui ressemblât à un . La Sagawa Shinkage‐ryû, une école associée, loin au nord du Japon, utilisait également seulement masque et gants lors de ses entraînements. Cela indique par contre que toutes les écoles rattachées à Shinkage‐ryû se servaient du fukuro-shinai (prototype du shinai moderne), du men et des kote. Dans l’illustration 5, tirée du Sendai fûzokushi (1927) de Suzuki Shozo, on peut voir un adepte de l’école Shinkage‐ryû utilisant seulement un fukuroshinai, un men et des kote : « comme le tronc n’était protégé que par le fin tissu du kimono que l’on portait, on apprenait la signification de la douleur lorsque l’on était touché à cet endroit plutôt vulnérable lors des keiko ! » Le maître de Takahashi Danjozaemon, Kamiya Denshinsai décréta que « lorsque vous vous engagez dans un combat contre une autre école, vous devez toujours utiliser un bokutô. L’utilisation du shinai est interdite ». Il était un fervent avocat des kata, et ce n’est pas avant l’ère de Takahashi Danjozaemon que le bôgu devint la norme plutôt que l’exception.


    Illustration 5

    Dans le texte Heihô zakki de Yamada Heizaemon, celui‐ci écrit que « pour atteindre réellement une compréhension de ce qu’est le combat à mort, il est nécessaire pour les deux combattants de porter un men, les kote et d’autres pièces de protection, et de se forger à travers la confusion rencontrée en s’engageant dans un audacieux et non restreint entraînement ». Ce passage là se réfère à uchikomi-geiko, entraînement où l’on frappe réellement avec le shinai, qui fut à l’évidence promu par Heizaemon à la fin de sa vie. Heizaemon mourut en 1716, période qui correspond avec la déclaration de Shimokawa disant que le bôgu était tout sauf « parfait » à ce moment de son histoire.

    En plus de tout cela, l’inscription sur la pierre tombale du 3e fils de Yamada Heizaemon, Naganuma Shirozaemon Kunisato (1688‐1767), héritier de la tradition Jikishinkage‐ryû, dit que parmi ses exploits, il y avait ceux d’avoir amélioré le bokutô et le shinai, et d’avoir perfectionné l’armure en y ajoutant une grille en métal pour le men et d’épaisses protections en coton recouvrant les kote. Kunisato hérita de la tradition par son père Heizaemon en 1708 et tous les deux travaillèrent dur, ensemble, afin d’améliorer le bôgu, jusqu’à la mort de Heizaemon.

    En ce basant sur ces documents, il ne devrait pas être erroné de conclure que les améliorations du men et des kote utilisés dans les écoles de la lignée de Jikishinkage‐ryû, ainsi que l’addition du pour protéger le tronc furent des innovations de Yamada heizaemon et de son fils Naganuma Kunisato, dans les années 1711‐1716 environ.

    Comments 1 Comment
    1. Daniel_klc's Avatar
      Daniel_klc -
      Merci beaucoup pour la traduction ! (Thanks a lot for the translation!)

      Very interesting!
  • Tozando