Un autre set d’armure fut également trouvé dans le même village, mais celui‐ci possède une grille en métal sur le men au lieu d’une grille en bambou, ce qui laisse penser qu’il y avait une autre transition dans le style des armures à cette époque.
Comme nous l’avons vu, les modifications de la grille en métal, du tsukidare, du matelas au sommet de la tête et de la protection de poitrine sur le dô semble avoir été des adaptations pour le kenjutsu, copiées du bôgu utilisé en sôjutsu. A l’inverse, les kote étaient à l’origine une invention du kenjutsu qui fut incorporée à l’équipement porté en sôjutsu. Donc, les deux formes de tradition martiale utilisèrent et améliorèrent les innovations de l’autre jusqu’à ce que cela aboutisse à la forme familière utilisée de nos jours, où un bôgu standard de kendo consiste en un men complet avec tsuki-dare, kote, dô et tare. A cette époque, la forme de base était établie, et l’évolution du bôgu se dirigea vers une période de perfectionnement des éléments séparés.
Dans la ville animée d’Edo, les environs de Kajibashi, Atago et Shitayakanari kaido étaient pleins de magasins spécialisés dans la vente de bôgu et de shinai. Dans le Shokoku kaireki nichiroku de Muta Takaatsu (un carnet de voyage), il est fait mention de luimême commandant un dô en cuir dans une boutique de Nichikage‐chô au prix de 1 ryô. Nous pouvons également apprendre dans ce texte qu’un shinai coûtait la modique somme de 200 mon. Le coût moyen qu’avait à débourser alors un pratiquant de kenjutsu pour un shinai était, semble‐t‐il, quelque chose comme 200 ou 270 mon.
Près de l’endroit où nombre de ces magasins étaient concentrés se tenait le dojo de Jikishinkage‐ryû de Naganuma, ce qui en faisait en vérité une « place forte » du kenjutsu. De plus, la raison pour laquelle le Bakufu construisit l’académie militaire Kobusho dans ce quartier concernait la défense navale, à cause d’un accès proche à la mer, mais aussi parce que la zone grouillait d’experts en kenjutsu et l’équipement abondait.
Il y a une charmante image dans le Ehon azuma asobi (1802) de Katsushika Hokusai, qui dépeint ce qui ce passait dans l’un de ces magasins (illustration 12). D’un coup d’oeil, on peut voir des fukuroshinai, et du matériel de protection en bambou pendu aux murs de ce qui ressemble à un magasin d’armure traditionnelle. En ce basant sur cette image, on peut supposer que c’était principalement ces artisans (d’armure traditionnelle) qui s’occupaient également de l’équipement contemporain.






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