• L’Historique du Bôgu

    Le bôgu après l’ère Meiji.
    Avec le début de l’ère Meiji, les clans (han) furent dissouts et le kenjutsu se trouva sur le déclin. Ce qui sauva le kenjutsu de l’extinction, ce furent les spectacles mis en place pour amuser les foules et la création de dojos privés par des amateurs de kenjutsu autonomes.

    Le gouvernement Meiji restructura son armée sur le modèle français comme je l’ai déjà mentionné. En 1884, les Japonais invitèrent le conseillé militaire français Kiehl de Villaret [voir plus haut] qui procéda à l’introduction des méthodes d’escrime française. Ce style de kenjutsu fut ensuite structuré et présenté dans le manuel cité en début d’article, le Kenjutsu Kyohan. C’est la première fois que le terme bôgu était utilisé et il se rapportait à l’armure de style français.

    Cependant, le Japon vint à porter son intérêt militaire non plus sur le modèle français, mais sur le modèle allemand. Dans le manuel susmentionné, des amendements furent faits, dans lesquels il était stipulé que le bôgu de style japonais serait utilisé pour pratiquer le style d’escrime européen à une main. Même avec ces changements dans le système militaire, le bôgu traditionnel japonais continua a être utilisé et développé, et un nouveau , par exemple, fut produit en masse avec une protection supplémentaire pour le dessous des aisselles ; la courbure du fut encore plus accentuée.

    Pendant l’ère Taishô (1912‐1926), la production en masse de bôgu continua, et les bôgu fabriqués à la machine firent leur apparition à côté de l’équipement traditionnel cousu main.

    Durant la période Shôwa, les kote étaient découpés au sommet en haut du futon, et le matelas sur le men gagnait en longueur afin qu’il puisse éventuellement couvrir toute la surface des épaules. C’est à ce stage que l’on peut dire que l’évolution du bôgu est terminée.

    A propos, si l’on en croit le catalogue d’un magasin en 1932, le bôgu le plus cher qu’ils avaient en vente valait 85 yens le set. Si l’on considère les éléments séparés, le men (distance entre les coutures, 1 bu 5 rin ; finition cuir, grille en métal) valait 26 yens, les kote 18 yens, le 24 yens et le tare 17 yens. Le set en bambou le moins cher coûtait 10,5 yens (10 yens et 50 sens). Un en cuir pouvait coûter dans les 20‐30 yens. Si l’on multiplie ces prix par 10,000 pour avoir un équivalent actuel, le prix s’élèverait à 850,000 yens (un peu plus de 6,500 euros). Cela montre que le bôgu n’était absolument pas un article bon marché à cette époque. Un set d’armure était déjà considéré plus comme un objet d’art créé par de talentueux artisans que comme du simple matériel d’entraînement.

    La veste de judo la plus chère en ces temps‐là valait 2,6 yens. Une veste bleue standard de kendo coûtait 2,9 yens, et une de qualité supérieure plus de 6 yens. Un shinai pour enfant valait 0,4 yens et les shinai de bonne qualité dans les 0,8‐0,9 yens. Ainsi, le prix du bôgu seul pouvait également être considéré comme un facteur faisant obstacle à la popularisation du kendo à cette époque.

    Comments 1 Comment
    1. Daniel_klc's Avatar
      Daniel_klc -
      Merci beaucoup pour la traduction ! (Thanks a lot for the translation!)

      Very interesting!
  • Tozando